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Decazeville, vingt-cinq ans après la mine : que reste-t-il du bassin ?

Née de la houille et du fer au XIXe siècle, Decazeville a vu sa dernière mine, la Découverte, fermer en 2001. Un quart de siècle plus tard, le bassin cherche toujours son nouveau souffle, entre reconversion industrielle, mémoire ouvrière et attractivité à reconstruire.

Au cœur de Decazeville, un immense cratère rappelle ce que fut la ville : la Découverte, mine de charbon à ciel ouvert, longtemps l'une des plus grandes d'Europe. Son exploitation s'est arrêtée en 2001. Depuis, le site a été réaménagé, le fond de la fosse accueille un plan d'eau et la ville a tourné une page. Mais le bassin de Decazeville, qui réunit avec Aubin, Cransac-les-Thermes, Viviez et Firmi près de 13 500 habitants, porte toujours les traces de deux siècles d'industrie.

Une ville née de l'industrie

Decazeville n'existait pas avant le XIXe siècle. La ville s'est construite autour des houillères et des forges lancées sous l'impulsion du duc Decazes, ministre de Louis XVIII, qui lui a donné son nom. Charbon, hauts fourneaux, laminoirs : pendant plus d'un siècle, le bassin a attiré des ouvriers de tout le Massif central, puis d'Espagne, d'Italie, de Pologne.

Cette histoire est aussi sociale. À Aubin, en octobre 1869, la troupe tire sur des mineurs en grève : la « fusillade d'Aubin » fait quatorze morts et marque durablement la mémoire ouvrière du bassin. En 1961-1962, la grande grève des mineurs de Decazeville, contre la fermeture annoncée des puits, mobilise la ville pendant des semaines et trouve un écho national.

Ce qu'il reste, ce qui a changé

  • Le patrimoine : le musée de la mine Lucien-Mazars à Aubin, le chevalement et les sites miniers, l'église Notre-Dame de Decazeville et son chemin de croix peint par Gustave Moreau.
  • L'industrie : des entreprises de métallurgie, de mécanique et de chaudronnerie prolongent le savoir-faire local, dans une zone d'activités réorganisée autour de l'ancienne emprise industrielle.
  • Le thermalisme : Cransac-les-Thermes exploite une curiosité géologique, les gaz chauds naturels issus de la « montagne qui brûle », dans des étuves uniques en Europe, dédiées à la rhumatologie.
  • La démographie : le bassin a perdu une large part de sa population depuis les années 1960. Decazeville compte aujourd'hui un peu plus de 5 000 habitants.

Les questions ouvertes

Le dossier que le Grand Villefranchois ouvre ici se poursuivra au fil des mois. Plusieurs sujets reviennent dans les conversations avec les habitants, les élus et les acteurs économiques :

  1. L'emploi : quelles filières peuvent s'installer durablement, et avec quelles formations sur place ?
  2. Le logement : comment réhabiliter un parc ancien, souvent vacant, dans les centres de Decazeville et d'Aubin ?
  3. La santé : le maintien d'une offre hospitalière et de médecins dans le bassin.
  4. La mémoire : comment transmettre l'histoire minière aux nouvelles générations sans figer le territoire dans le passé ?

Vous avez travaillé à la mine, dans la sidérurgie, ou vous entreprenez aujourd'hui dans le bassin ? Nous souhaitons vous rencontrer : redaction@grandvillefranchois.fr.